Press review

Revue de presse

Laurent Matheron : Association des saxophonistes

« Là où l’on ne l’attend pas. Joël Versavaud, une fois de plus, brouille les pistes. Après nous avoir emmené de Bordeaux à Marseille avec des compositeurs contemporains, c’est un programme dédié à Bach qu’il nous propose aujourd’hui. Rencontre évidente à l’écoute de ce disque, pourtant ni le programme, ni son interprétation ne le sont. Rencontre entre l’anachorète du saxophone, travailleur infatigable, virtuose, qui se lance de grands défis solitaires (souvenez-vous, les Etudes de Lauba), et le Maître de Leipzig consacrant les dernières années de sa vie à une musique instrumentale toujours plus abstraite (l’Offrande Musicale, l’Art de la Fugue). Programme exigent car solitaire (une constance chez le saxophoniste) et joué avec les quatre saxophones (s, a , t, b).

On y retrouve la Partita BWV 1013 au soprano, les Préludes des Suites pour violoncelle au baryton et des extraits des Sonates et Partitas pour violon, aux saxophones soprano, alto et ténor (une octaviation qui peut paraître surprenante mais qui donne une ampleur nouvelle au texte). Interprétation inédite avec une contrainte, ou plutôt une liberté lorsqu’elle est maîtrisée ainsi : tout est joué en respiration circulaire. Démarche singulière, étayée par la volonté de phraser plus librement, de coller à l’architecture des pièces. Et la musique de Bach respire comme rarement au saxophone. Autre choix radical, l’interprétation est clairement inspirée par les maîtres baroques (Bylsma, Kuijken…). Loin des versions romantiques et démonstratives, Joël Versavaud se livre à une introspection musicale pour mieux s’approprier cette musique et affirmer sa singularité. Lumineux. Avant le cd, ou pour l’accompagner, des images magnifiques vous donneront un aperçu de son travail. »

Sax & flash’ par Jacques Freschel pour Zibeline.

« 18h30 tapantes, le 1er juin ! Alors qu’on parvient sur le plateau du Cours Julien, on se presse déjà autour des saxophonistes et des danseurs réunis pour la Flashmob’ilette, Echos du cours conçue par l’ensemble Télémaque autour du projet E.C.O. (European Contemporary Orchestra). C’est Joël Versavaud, professeur de saxophone au Conservatoire de Marseille, qui tient la baguette. Jeunes, bambins et amateurs ont leur instrument en bandoulière. Au programme, une partition écrite par Pierre-Adrien Charpy. Pas facile cette musique syncopée en pulsations irrégulières, à quatre parties différentes ! On estime à sa juste valeur la mise en place, la qualité du travail réalisé, l’investissement de toute cette société, cool mais très pro !

Ça sonne comme un tango mécanique, rythmé de percussions, et dont les sonneries rappellent la locomotive d’Honegger (Pacific 231) lancée à pleine vapeur sur les terres symphoniques. Dans le dos du chef, on danse : public volontaire, de tous âges, ayant appris la chorégraphie d’Emma Gustafsson inspirée de mouvements stéréotypés d’un maestro. Une fleur à la main, de noir vêtus, les danseurs renvoient une image kaléidoscopique de ses gestes, au fil d’une musique qu’on trouve trop courte : pas le temps d’entrer dans la danse ! Du coup, on reprend : trois fois. Et la troisième file à folle allure… Wouaouh !! Un peu essoufflé, content de la performance, on remballe, tandis que le Cours Ju retrouve son manège quotidien. »

Sarah André, Blog du festival de Chaillol

« “Le week-end a été bien rempli, avec des moments de musique forts, des rencontres enrichissantes, des traversées du territoire semées de détours inattendus, et un moment de médiation réussie. En effet, avant les concerts qu’il donnait, le saxophoniste Joël Versavaud a rencontré les élèves de l’école primaire de Chaillol. Il a présenté ses quatre saxophones avec beaucoup d’humour et de pédagogie, de manière très interactive, avec une progression qui a maintenu l’intérêt tout au long de l’intervention. Les 16 enfants de 5 à 8 ans de la classe d’Anne Grimaud se sont montrés très dynamiques et curieux, ils ont eu des réactions amusantes comme « le gros [saxophone] on peut rentrer dedans », ils ont posé des questions précises comme « pourquoi tu bouges les sourcils ? » ou « les saxophones ils sont en or ? ». Mais surtout, ce qui était remarquable était le silence et l’attention qui régnaient dans la salle lorsque Joël jouait un morceau, et les visages subjugués des enfants. L’institutrice avait préparé la rencontre en amont avec un travail sur les instruments de musique, et l’intervention du saxophoniste lui a donné envie de poursuivre sur le jazz. Elle était aussi ravie que ses élèves.

Le soir même, le concert s’est déroulé dans l’église des Borels à Champoléon. Malgré la présence insolite de plusieurs animations regroupées au même endroit à ce moment-là, Joël Versavaud a su captiver le public avec des œuvres de Bach et de compositeurs contemporains (François Narboni, Georges Bœuf et Philippe Hersant), mais aussi avec sa technique du « souffle continu » qui lui permet de ne pas interrompre son jeu tout en respirant. Le lendemain, après un accueil très chaleureux des habitants du village, le concert a eu lieu dans la très belle chapelle de Saint-Auban d’Oze, remplie dans ses moindres recoins d’un public nombreux et enthousiaste. Le musicien, en nous livrant son histoire de manière attachante, a su créer une relation de connivence et de proximité avec ses auditeurs, en associant le partage de son expérience humaine au partage de la musique. Après avoir fait résonner son récital dans les vallées du Champsaur et du Buëch, le saxophoniste a donné son dernier concert dans l’église de Châteauvieux, là aussi devant un public nombreux et attentif, et dans une commune sensible aux valeurs du festival de Chaillol. La présence du compositeur Georges Bœuf ce soir-là a permis d’éclairer le contexte de la création des 6 monodies jouées par Joël Versavaud, mais aussi de « prouver qu’un compositeur de musique classique n’est pas forcément un homme mort ! », comme il l’a dit pour se présenter…
 »

Châteauvieux, Récital fort apprécié de Joël Versavaud à l’église Ste-Foy

« Ce dimanche soir, l’église Sainte-Foy était comble pour accueillir le concert de Joël Versavaud, saxophoniste, proposé à la population dans le cadre des week-ends d’hiver du festival de Chaillol. Le maire, Jean-Baptiste Aillaud, en préambule, a remercié l’équipe du festival : Michael Dian, directeur, et Marc Lourdaux, président, au nom des
petites communes qui peuvent, grâce à l’organisation de tels concerts, de grande qualité, bénéficier d’une forme d’accès à la culture “à domicile”. C’est notamment en interprétant des oeuvres de Bach que l’artiste, Joël Versavaud a conquis son public, profitant de moments de pause pour expliquer, non sans humour, son cheminement personnel et sa façon de travailler, à l’aide de ses quatre saxophones, le “souffle continu” : moyen, très spectaculaire, de produire des notes sans interruption tout en respirant. Le public, averti, a montré son attachement à la grande musique et à la venue régulière du festival de Chaillol en l’église.
 »

LE MONDE – 29 novembre 2007 par Marie-Aude Roux

Les mondes sensibles de Zad Moultaka « « Polyphem » du compositeur libanais, aux 38ès rugissants de Grenoble[…]. Entre écriture occidentale contemporaine et sensibilité liée à la musique arabe, Zad Moultaka dessine une cosmogonie de notre époque : Autre silence, chanté en arabe par la soprano Françoise Kubler , Non, par la danseuse de flamenco Yalda Younes, Azur, pièce pour accordéon et bande jouée par Pascal Contet, An-Nâs, par l’Ensemble orchestral contemporain, Zourna, dans une ivresse du saxophone soprano de Joël Versavaud[…] »
Lire l’article complet sur le site du Monde

asaxweb.fr – 08 janvier 2008

« Que faire après avoir enregistré les études de Lauba ? Repartir ! Nouveau lieu (Marseille), nouvelles rencontres, et comme un jalon, pour marquer l’étape, un nouveau disque solo. Éclectique avec des pièces anciennes (n’exagérons rien, la plus ancienne, Voilements, de Jean-Claude Risset date de 1987), des créations, de l’électro-acoustique, du soprano, de l’alto, du ténor ou du baryton. D’abord des « vielles connaissances » bordelaises avec Ost-atem de François Rossé et Digital de Thierry Alla, deux pièces exigeantes, foisonnante avec ses transformations électroniques et ses sons ajoutés pour la première ; hypnotique pour la seconde avec cette polyphonie qui se déploie à partir de multiphoniques répétés.3 pièces en création discographique : Les Six monodies de l’absence de Georges Bœuf pour sax ténor. Pièces poétiques toutes en retenues. Souffle, bruits de clés, slaps, vélocité, formules répétées, transformées, élargies, pour dévoiler peu à peu un saxophone lyrique.

La suite Yoknapatawpha de François Narboni est sans doute la découverte la plus excitante de ce disque. 3 pièces pour 3 saxophones (soprano, alto puis tenor). On est saisi d’emblée par la phrase initiale de Mink et par l’énergie du saxophoniste. Avec Snopes, on est happé par une sorte de déconstruction d’impro jazz. La rythmique en slaps d’Eula avec un ténor bouillonnant. La Grimace de Lionel Ginoux est une lente montée en tension jusqu’à… Mais attention, ne vous y trompez pas, c’est énergique dès le début ! Des influences multiples, de l’humour, une utilisation vraiment pertinente du baryton (travail sur le timbre, coté percussif, souffle, suraigus), une œuvre conséquente !En conclusion du cd, Joël Versavaud nous livre des interprétations sensibles de deux pièces pour ténor plus anciennes : Rondo de Régis Campo à l’univers onirique (les notes du livret mentionnent l’influence de Fellini) et tragique à la fois (cette fin obsessionnelle). Son chaleureux, jeu énergique.Et, pièce mixte qui malgré ses 20 ans reste incontournable : Voilements de Jean-Claude Risset. La bande reste somptueuse, Joël Versavaud s’y glisse en exploitant différentes couleur de ténor. Prise de son proche et naturelle. Le tout servi par un saxophoniste déterminé, talentueux, qui nous ouvre encore une fois de nouveaux horizons.
 » Laurent Matheron

© Joël Versavaud - 2015